Noyant avant l'an I de la République 1668 - 1792 (I)

Tout d'abord pourquoi faire débuter mon récit en 1668 ?

La raison en est simple, en effet une source importante de renseignements et d'informations sur le passé des hommes qui ont fait les communes que nous connaissons se trouve dans les registres paroissiaux, seule trace au fil du temps des naissances, mariages et décès de nos ancêtres.

Pour Noyant les registres de 1638 à 1667 sont en très mauvais état et non consultable, et même celui de 1668, comportant 4 feuillets est très abîmé.

          Registre de Noyant 1668

Avant la révolution la notion de commune n'existe pas, on parle de paroisse regroupant quelques hameaux et lieux dits autour de l'église et de son clocher, dont les cloches rythment les moments de la journée, les grands événements : mariages, deuils, incendies, catastrophes...

Histoire des registres paroissiaux

Au début du XVI ème siècle les curés tenaient le plus souvent des registres et dans la grande majorité des cas rédigés en latin, ces registres sont intéressants à plus d'un titre, car outre les actes qu'ils contiennent, le curé dans certaines paroisses notait des événements particuliers de la commune : le temps, l'état des récoltes, des phénomènes marquants ou parfois il illustrait le registre de dessin à la plume d'oie, c'est ainsi que l'un des curé de noyant   Delhomaye (ou l'un de ses copistes) a tracé sur la première page du registre de l'année 1766 le dessin dont j'ai reproduit la partie haute pour illustrer la partie "histoire" de notre site (photo) .

Mais les plus connus, que j'ai d'ailleurs eut l'occasion de consulter pour des recherches personnelles, sont ceux de la commune de Noirétable commune du forez dans la Loire, dessins qui sont vraiment magnifiques. (voir photo)

Ou comme le recueil de chartres de hermevez (calvados) du XVII ème siecle

  • En 1539, 24 ans après son accession au trône de France, François I er , plus connu pour la construction des châteaux de la Loire, et l'introduction de l'art de la renaissance italienne en France, publie une ordonnance intitulée "Ordonnance générale sur les faits de la justice, police et finance" .

C'est dans un souci d'unification du langage et de l'écrit dans le royaume qu'il demande au chancelier Guillaume Poyet de rédiger cette ordonnance qui comporte 192 articles et qui impose entre autre l'usage du français dans la rédaction des jugements et des actes, et aux abbés et curés la rédaction  des actes de baptêmes en français, cette ordonnance est plus connue sous le nom "d'ordonnance de Villers Cotterets"

Partie concernant l'usage du français

       Il faudra attendre 1579 sous Henri III et "l'ordonnance de Blois" pour voir apparaître l'obligation de tenir des registres dont ceux de mariages.

L’ordonnance de Blois exige quatre témoins, le consentement des parents et la retranscription sur le registre.

Le mariage est désormais un acte solennel, célébré après publication des bans. Cette procédure vise non seulement à limiter les mariages clandestins mais surtout à empêcher les mariages mixtes entre catholiques et protestants.

 L'ordonnance confirme l'ordonnance de 1539 pour l'obligation de tenir des registres de baptêmes et ordonne la tenue de registres de sépultures.

  • Enfin en 1667 Louis XIV publie "l'ordonnance de Saint Germain en Laye" véritable acte fondateur du futur Code Civil, et que certain appelle même par analogie, le "code Louis".

cette ordonnance rend obligatoire la tenue de registres de baptêmes, mariages, sépultures, "en continu sans blancs" ces registres devant être tenus en double exemplaire, dont un conservé au greffe du baillage dont dépends la paroisse (Chinon en ce qui concerne Noyant).

Les exemplaires communaux ayant souvent été très mal conservés, détruits ou volés pendant la période révolutionnaire, les doubles conservés dans les greffes permettent heureusement une exploitation de leurs contenus.

Dans le cas de Noyant, sur la période pré révolutionnaire, un seul registre numérisé provient de la collection communale celui de ( 1708).

Les registres d'état civil seront créés lors de la Révolution française par le décret des 20-25 septembre 1792. Leur tenue (en double exemplaires, un à la mairie, l'autre au greffe) est transférée aux mairies qui récupèrent aussi les anciens registres paroissiaux. Le décret prévoit l'établissement au début de l'année d'une liste des actes de l'année précédente par ordre alphabétique. Tous les dix ans, les tables annuelles sont reprises pour constituer une table décennale sur un registre séparé, en double exemplaire.

Anecdote

En feuilletant les registres paroissiaux de Noyant,  j'ai eu l'occasion de trouver cette histoire pour l'année 1700 

et que j'ai intitulé :  "L'enfant au noüet*"

(transcription littérale)

"Le dix neuf avril 1700 sur les cinq heures du matin s'est trouvé exposé au lieu appellé La Boullonerie devant la porte de Jean Charpentier "le jeune" dans un panier un enfant male agé selon le temoignage de plusieurs femmes qui l'ont visité, d'environ 3 semaine ou un mois, dont le pere et la mere sont entierement inconnus et on ne peut savoir d'où il a été apporté.

Ce qu'il y avait encore de remarquable est que le dit enfant avait un petit noüet* de sel pendu au cou et m'estant informé à plusieurs personnes et entre autre à plusieurs femmes anciennes ce que cela signifiait, elles m'ont toutes répondu que c'etait une marque que le dit enfant n'avait point reçu le sacrement de baptesme dans l'Eglise, ce qui m'a entièrement déterminé a lui administrer sans condition avec les cérémonies ordinaires, il a eu pour parrain Charles Robin serviteur domestique et pour marraine Marie Mougon qui l'on nommé Roch, lesdit parrain et marraine ont déclaré ne savoir signer

                                                                                                                      Binet curé"

* nouet : petit sachet de toile

A noter également le prénom de Roch donné à l'enfant, en effet saint Roch saint patron très souvent invoqué dans les cas de maladie et d'épidémie était très vénéré à Noyant ( nous en reparlerons plus tard)

Les différents curés de Noyant

En parcourant les différents registres paroissiaux, on peut deviner les différents curés qui ont officiés à Noyant au fil du temps.

  • En premier lieu Jean Martineau qui officia durant 27ans de 1640 à 1667, sous la régence d'Anne d'Autriche et le début du règne de louis XIV.
  • Mariau de 1668 à 1687
  • Catillon de 1688 à 1693
  • de 1694 à 1699 plusieurs curés se succèdent : Binet, Quillet, Boisgaultier, Jahan, Guillet
  • Jacques Binet de 1700 à 1709
  • Avrier de 1710 à 1753 sous la régence du duc d'Orléans.
  • Champigny de 1727 à 1753 décédé le 6 Novembre 1753 (acte de décés ci joint)

  • Jean Delhomaye de 1754 à 1789, soit pendant plus de 34 ans comme indiqué dans son acte de décès (voir reproduction), soit pendant la moitié du règne de louis XV et la totalité du règne de louis XVI.

"Le samedi six septembre mille sept cent quatre vingt huit après vespres a été par nous soussignés inhumé le corps de mr jean Delhommaye pretre curé de cette paroisse  natif de Bossée après avoir gouverné cette paroisse pendant près de trente quatre ans avec toute la bonté d'un père et la régularité de moeurs la plus intacte en présence de mrs les curés du doyenné melle jeanne Delhommaye sa soeur, francois gaultier charpentier à Bossée veuf de jeanne Delhommaye Henry Ressault fermier à Leugny sur creuse et marie delhommaye sa femme francoise Delhommaye veuve de pierre Bureau ses neveux et de plusieurs autres qui avec nous ont signé pour la plupart et les autres déclaré ne le savoir le dit défunt âgé d'environ soixante douze ans

(signé)

Paquier Curé de Pouzay,  Martin curé de ?, L  giraud curé de  Plaix, Lecomte prieur curé de Neuil, Rolland curé de saint epain, Jacquet curé de trogues, Metezeau curé de sepmes, Billault curé de sainte Catherine de fierbois, Barre curé de draché, Brissard vicaire de sainte maure, Cuilleré curé de villeperdue, Prenant defferant curé de Noyant " (lire desservant)

Vu le nombre de curés présents et signataires pour cet office, je pense que Jean Delhomaye et sa famille avait une certaine notoriété dans la région

De 1788 à 1790, François Prenant, sans doute le plus surprenant de tous, né le 13 janvier 1753 à saint pierre des corps (saint pierre ville de Tours), nommé curé de Noyant en 1788, prêtre constitutionnel au moment de la révolution, il remis ses lettres de prêtrise pour se marier, mais rapidement veuf, voyant là sans doute un signe de sanction divine, il fit amende honorable, fut réintégré dans l'église et nommé desservant de Ferrières Larçon en février 1820.

Vous trouverez ci-joint des précisions généalogiques sur ces 3 curés 

Enfin le 8 janvier 1792 louis pierre sylvain Brissard curé, prends possession de la cure et du poste "suite à la démission du sieur Prenant..." (comme indiqué dans le document ci contre)

Precisions généalogiques ci joint sur ce curé   

  

                                                                                                     

            à suivre .....